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02/05/2008
Voyage au Groenland - Jour 6/15 - 26/03/2008
Bivouac au sommet d'un glacier :
Il est 6 heures du matin quand je me réveille ainsi qu'Aurélien notre guide (avec qui je partage la tente). Je n'ose pas m'extraire de mon duvet dans lequel je suis bien au chaud. J'ai passé la nuit entière en ne laissant qu'un minuscule passage ouvert pour laisser passer un peu d'air (pour respirer). Mais dès que trop d'air rentre, c'est gelé.
Il faut savoir que la différence de température entre l'intérieur de la tente et l'extérieur est en général de quelques degrés. La transpiration naturelle du corps passe à travers le duvet et gèle une fois à l'extérieur. Impossible d'avoir chaud sous la tente. A moins d'y être très bien couvert.
Dans le duvet, j'ai mis avec moi, dans un sac plastique étanche, mes batteries d'appareils photos, l'anémomètre, et tout au fond les chaussons de mes chaussures thermiques pour que l'humidité s'évacue dans la nuit. Ils seront secs au petit matin (ça vaut pour n'importe quel vêtement humide). Ce n'est pas très confortable mais indispensable pour éviter d'avoir à remettre des vêtements gelés le matin.
Je fais le bilan de ma nuit. Je n'ai pas trop mal dormi pour cette première nuit. Il y a eu du vent qui semblait par moment assez fort à en juger par le bruit sur la tente.
J'ai fait un drôle de rêve cette nuit : je pensais être éveillé dans mon duvet. Je vois une ombre approcher de la tente et se pencher de mon côté (comme par hasard). Je vois alors deux énormes pattes se poser au dessus de ma tête et s'enfoncer sur la toile pour m'attraper. J'entends des cris dans le campement. Aucun doute, c'est un ours !!! Aurélien dort à coté de moi et le fusil est coincé derrière lui. Bref, je suis foutu, je serais mort dans les 10 secondes. Puis plus rien... Heureusement ce n'était qu'un rêve.
J'en suis là de mes rêveries quand j'entends le réchaud qu'Aurélien vient d'allumer. Ça c'est le signal pour se forcer à se lever, s'habiler en 4ème vitesse, se ruer dans la tente-mess pour un bon café bien chaud !
Dehors il fait beau.
Après le petit déjeuner je sors dehors prendre quelques photos. C'est idiot mais je ne prends conscience que maintenant du décor qui nous entoure. Hier soir après être arrivé (sous la neige) et avoir monté le campement nous étions surement trop fatigué pour faire attention ? Mais il faut maintenant plier le camp et repartir.Vers 9h tout est plié. Nous laissons tout sur place, les inuits viendront prendre le tout plus tard. En fait nous suivons une "trace". Celle laissée par tous ceux qui font l'aller et le retour de la ville au village. De fait, on croise souvent du monde sur la trace, le plus souvent des motoneiges. Signe des temps ? En traineau à chiens, il faut 4h30 environ, largement moins de 2h en motoneige. A pied, comme nous, il faut 3 jours.
D'ailleurs aujourd'hui, pour nous, c'est "le jour le plus long" : nous devrons "avaler" pas moins de 12 km avec plus de 700m de dénivelée pour poser notre prochain campement au sommet du glacier qui finira notre journée.
La neige est dure. Nous partons sans les raquettes dans un premier canyon devant nous. On marche plus facilement sans les raquettes qu'avec quand la neige est bien dure. Ce matin il ne fait pas trop froid (-3°). Après le canyon nous passons un nouveau lac. Il est temps de remettre les raquettes, la neige n'est plus aussi dure qu'en début de journée.
Dans un long faux plat descendant nous voyons au loin les traineaux arriver puis nous dépasser à vive allure. Nous les retrouvons vers 11h30 aux abords d'un petit lac gelé pour la pause déjeuner. Deux petites cabanes nous intriguent juste à coté de nous. On pense à des abris pour la pêche mais Tobias nous explique qu'elles ont été construites il y a plusieurs années pour le tourisme mais qu'elles ne sont finalement pas utilisées.Pour ma part je suis complètement vidé. Cet arrêt est vraiment bienvenu car depuis le début de la journée je n'ai pas de jambes. Pas de chance pour moi il reste encore 6 km de marche dont 5 d'ascension. Je sens que je vais passer une très mauvaise journée.
Les chiens se prélassent au soleil. Max, l'un de mes compagnons de marche s'endort quelques instants assis sur un traineau.
Nous profitons d'être sur un lac pour puiser un peu d'eau fraiche. Pour moi, qui préfère malgré le froid, boire froid, cette eau est un véritable elixir. La couche de glace est fine à l'endroit où l'on est : 5cm.
Mais il est temps de repartir. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire. Très vite le terrain va changer et devenir plus difficile. Ça va bientôt commencer à grimper. Après un premier "raidard", les traineaux nous dépassent. Une autre pente est déjà en vue. Elle a l'air encore plus dure que la précédente que j'ai monté difficilement mais calmement tout en discutant avec notre guide Aurélien. Cette deuxième grosse montée de la journée est tout aussi pénible que la précédente. La température est douce. Avec ce beau soleil j'ai l'impression d'être sous les tropiques. Une fois en haut, en se retournant on aperçoit l'océan au loin.Tobias, l'un des chasseurs me propose de faire la descente suivante en traineau. Ce que je refuse dans un premier temps mais vu qu'il insiste je fini par accepter (d'autant que ça me donne l'occasion de faire des photos en situation).
Allez hop, c'est parti pour la descente en traineau :
La descente a pris moins de 3 minutes, les chiens ont dévalé la pente à fond. Les photos ont été faites au jugé, impossible de cadrer. Dans le sillage des chiens, bonjour l'odeur...
Bref 5 minutes après je peux déjà commencer à monter le glacier. Finalement je me demande si c'était une bonne idée ? J'aurais pu récupérer un peu plus longtemps en faisant la descente à pied...
Mais cette fois c'est la der. Encore 4 km d'ascension. Certains de mes compagnons, bien plus "gaillards" que moi en montagne me rattrapent rapidement.Florence vient de Suisse. C'est une montagnarde et une randonneuse accomplie. Huguette vient du Sud de la France. Elle est aussi une grande sportive (trek, plongée, kayak...). Max et Jacky sont deux copains qui font eux aussi du sport ensemble. Ils sont originaires de l'Ardèche. Quant à Berny et Michel, mes 2 derniers compagnons de marche, ils vivent en Belgique. Aurélien, notre guide, est français mais il vit à l'étranger. Je n'ai pas encore réussi à dénombrer le nombre total de langues qu'il parle (français, anglais, danois - c'est en danois qu'il communique avec les inuits, italien, islandais...). Et moi... je suis le "parisien de service" ;o)
La montée est longue mais une fois en haut nous aurons fait le plus dur de notre traversée. Je suis derrière avec Berny et Michel. Nous montons à notre rythme sans nous affoler. D'autant que quelques instants avant, Aurélien nous a dit que nous étions bientôt arrivé. La pente est douce mais semble ne jamais finir. La température commence à chuter. On passe de 1° au pied du glacier à -8° en quelques dizaines de minutes. Jusqu'à présent je montais en "polaire" carrément sans gants mais je ne tarde pas à remettre le tout quand le froid devient un peu plus mordant encore au bout d'une heure d'ascencion.
Les traineaux arrivent à notre niveau. Pour les chiens aussi cette montée doit paraitre bien longue. Mais ils sont d'une force incroyable.
D'autant que leur vie est très loin de celles de nos chiens occidentaux : En hiver quand ils travaillent (comme avec nous en ce moment) ils mangent tous les jours. Quand ils ne travaillent pas, ils mangent tous les 3 jours. L'été, ils ne mangent qu'une fois par semaine. A la fin de l'été il parait qu'ils sont squelettiques mais que très rapidement ils reprennent des forces. Mais ceci explique peut-être celà, Een ville ils doivent toujours être attaché. Il y a eu des accidents avec des enfants. Pas de fourrière là-bas, s'ils vaquent en liberté seuls, ils sont carrément abattus sur place.
Bon ! Il est où ce sommet ? On marche, on marche, mais on n'en voit toujours pas la fin !!! En fait, Aurélien me dira plus tard que l'on aurait dû s'arrêter avant mais les traineaux sont allé poser nos sacs plus loin que prévu. Autant de marche à faire en plus. Il y a 45 minutes notre guide nous avait dit : "Encore 10 minutes de marche" (on marche déjà depuis près de 8h). Mais nous sommes maintenant seuls dans la montée. Au bout d'un moment on voit arriver 2 traineaux. Ils nous montent en moins de 3 minutes au campement.On avait manifestement trop pris notre temps par rapport au reste du groupe, ils sont déjà en train de monter la tente-cuisine ! Une fois arrivé, on passe vite une doudoune pour ne pas attraper froid et on aide les autres à finir le campement.
Le soleil passe derrière la montagne, il fait de plus en plus froid. On passe de -8° à -10°, -13° et ça chute encore. Les inuits nous disent "au revoir" Ils vont passer la nuit à Tiniteqilaq.
Le campement est monté vers 18h. Il fait -18° au moment de passer à table.
Mais plus que le froid, notre attention se porte sur la vue devant nous, en bas du glacier. Le spectacle est grandiose :
- Tiniteqilaq est là devant nous. A moins de 10 km à vol d'oiseau. On devine clairement les maisons sur la droite (demain nous y serons)
- Juste derrière, le Sermilik complètement gelé avec des centaines d'icebergs enchassés dans la glace.
- Et encore derrière, la calotte glaciaire.
Au moment de nous coucher (vers 21h) la température est remontée un peu. Il ne fait plus que -12°.
Contrairement à la nuit précédente où j'ai dormi en slip, je mets quand même un collant et mon bonnet pour dormir, on ne sait jamais... Je rentre dans mon duvet et très vite je sens mes paupières s'allourdir. Aurélien est le dernier à se coucher.
Au moment où il rentre dans notre tente il s'écrit : "Venez voir il y a des aurores de fous". Jacky qui pense surement à une blague lui réponds "M'en fous, j'verrais ça à l'hotel". Ce n'est pourtant pas une blague je distingue par la toute petite ouverture de mon duvet des aurores qui zèbrent le ciel alors qu'Aurélien maintient la tente ouverte.
Je suis fatigué et frigorifié, je n'ai même pas la force de me lever. Je pense que j'ai du m'endormir en moins de 5 minutes...
Le parcours du jour et le parcours cumulé :

(Jour 7/15 ; à suivre)
18:59 Publié dans Arctique, Autour de moi, Information/Actualité, Nature, Photo | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : groenland, arctique, photo, nature
Elle est sympa Francine !
Je viens de mettre un pain à cuire.
J'avais déjà fait récemment 2 pains avec le même paquet de farine... un paquet de 1.5kg. Vu que j'ai besoin de 500 gr. de farine je me suis dit, je vais verser le reste du paquet directement sans vérifier le poids ?
Pris d'un doute (celui que le reste du paquet ne fasse pas vraiment 500 gr) j'ai quand même vérifié le dosage.
je verse 100, 300, 500 gr. Allez hop dans la cuve.... Je mets en route et je commence à ranger le plan de travail. Et que vois-je ? Il reste encore de la farine dans la paquet. Tiens ?
Je verse le reste dans le verre doseur. C'est pas 10 ou 20 gr. de plus qu'il y avait. Mais carrément 250 gr !!!
Sympa Francine...

Bon... c'est bien beau mais j'en fais quoi de mes 250 gr maintenant ???
17:55 Publié dans Cuisine | Lien permanent | Commentaires (3)
































