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22/04/2009
Laponie, carnet de route - Jour 04/12 - 05/03/2009
(note précédente) --- (début du récit)
Réveil vers 8h30. Le temps est couvert, il fait -10°. Aujourd'hui nous partons 2 jours en motoneige, plus loin encore dans les montagnes suédoises. Comme 2 nuits plus tôt nous dormirons dans un refuge qui se trouve à environ 80 km d'Årrenjarka.
Après un copieux petit-dèj, nous rencontrons Lasse qui sera notre guide pour ces 2 jours. Il nous apprend rapidement le fonctionnement d'une motoneige et nous partons. Il est presque déjà midi. Nous sommes 4 et nous avons 3 motos. Lasse tire une remorque avec nos affaires, notre matériel photos et tout le nécessaire pour ces 2 jours (bois pour le feu, nourriture, etc...). Fred, Manu et moi alternerons tous les 3 la conduite avec nos 2 motos.
Nous traversons d'abord de longs lacs gelés avant de suivre une trace en bordure d'une rivière gelée aussi. Sur notre gauche, les montagnes que nous prendrons plus loin pour nous y aventurer. Petit à petit le soleil apparait.
Nous prenons notre temps pour faire des photos et nous amuser avec les motos dans la poudreuse épaisse avant de repartir car la route est longue.
Nous alternons passage découvert ou en forêt avec une vue magnifique sur les montagnes environnantes.
Pour ma part j'ai plus souvent préféré être derrière à faire le pitre qu'à la conduite... et dans un sens c'était pas plus mal pour prendre des photos (mais j'ai eu énormément de déchets).
Sur la photo suivante on voit le poteau qui indique la trace à suivre... le poteau de l'an dernier. Il y a donc environ 1.5m de neige de plus que l'an dernier au même endroit !!!
Vers 14h30 nous nous arrêtons pour manger. Au menu de la soupe de légumes (hummm un régal par ce froid) et des petits sandwichs. Fromage pour moi et... à la viande de rennes pour les autres. Pour l'instant ils ont eu du rennes à chaque repas sauf au petit dèj !!!
Le coin est sympa, ici la rivière coule paisiblement et n'est pas totalement gelé.
Mais il faut repartir la route est encore longue. Après un dernier lac nous suivons les traces qui partent en montagne et le terrain devient vite plus accidenté.
Le temps change vite et les nuages se font plus épais. Au fur et à mesure que nous avançons on voit de moins en moins devant nous et alentours. Devant nous, à l'ouest, le soleil disparait au loin. Nous allons en direction des montagnes norvégiennes dont nous ne sommes plus très loin. L'ambiance est étrange mais j'apprécie ce moment.
Je conduis seul ma moto et m'arrête régulièrement pour prendre des photos. Lasse est loin devant nous. Fred et Manu derrière moi.
Nous arrivons au refuge de Vaïmok, le dernier avant d'atteindre le notre. Quelques familles s'y installent. Il nous reste encore 25 km à faire. Mais il fait de plus en plus sombre et la trace est de plus en plus difficile à voir.
A tel point qu'à un moment je ne vois plus du tout où je vais. Lasse est maintenant loin devant et je n'arrive plus à le suivre. Il disparait même de ma vue.
Et ce qui devait arriver arriva. Je plante un patin de ma moto dans la poudreuse, elle commence à basculer sur le coté. J'arrive à m'extraire avant que la moto ne me tombe sur la jambe. Je tente de la redresser. Mais j'ai beau pousser de toutes mes forces elle ne bouge pas d'un poil. Une motoneige ça pèse dans les 300 kg !!! La situation devient délicate : je me retrouve avec une motoneige impossible à sortir de la neige au beau milieu de la montagne, avec une première moto loin devant moi et je ne sais pas où sont ceux qui me suivent. J'attends quelques longues minutes quand Fred et Manu apparaissent et viennent m'aider. On arrive enfin à sortir la moto de la neige. Nous repartons mais il fait encore plus sombre.
Lasse nous attends un peu plus loin. Il nous reste encore quelques kilomètres à faire. Il ne fait que -7° mais le vent est de plus en plus fort et nous sommes frigorifié. Mais le refuge de Pieskejaure est enfin là et nous y arrivons vers 17h30.
Quelques motos sont garées devant. Nous ne sommes pas seuls mais le refuge est grand. Nous sommes à 7km seulement de la frontière norvégienne.
Nous posons nos affaires et nous ressortons dehors faire des photos. Manu a repéré un pont suspendu à 500m du refuge. L'épaisseur de neige est assez impressionnante et plusieurs fois nous nous retrouvons avec de la neige jusqu'en haut des jambes.
Nous nous mettons chacun en scène avec nos lampes frontales sur le pont. La nuit est presque là et nous décidons de rentrer au chaud au refuge pour manger. Il est 19h30.
Au menu ce soir ? Du riz, des légumes et du... rennes pour les autres !!! Le ciel étant bouché ce soir, nous passons la soirée à discuter.
Une moto arrive plus tard dans la soirée. On apprends qu'un cadavre de renne a été trouvé non loin probablement tué par un glouton (wolverine en anglais). Nous sommes en fait dans les montagnes où l'on trouve le plus de gloutons en Suède. Ce mammifère d'une quinzaine de kilos est muni de longues griffes et ressemble à un petit ours. Il s'attaque souvent aux rennes isolés dans la région.
Vers 22h00 nous allons nous coucher.
22:18 Publié dans Arctique, Information/Actualité, Nature, Photo | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : arctique, nature, laponie, suède, kiruna, abisko, photo






Commentaires
(j'ai noté une bouteille d'eau de chez I**a!!! )
dis, entre la dépense physique et les poêlées de légumes, t'as perdu combien de kg? :D
Ecrit par : Daydreamer | 22/04/2009
@legweak pxxain ! t'as du fliper quand ton motoneige s'est bloqué, non ?
Ecrit par : jbdone | 23/04/2009
Daydreamer > j'avais pas gaffe pour la marque sur la photo. C'est de l'eau gazeuse. Très bonne d'ailleurs.
Je ne crois pas avoir perdu beaucoup de poids, le reste du voyage a été assez pépère ;o)
Jbdone > je me suis surtout senti très con. Jean-Marie Bigard appelait ça "les grands moments de solitude" dans un de ses sketchs... eh bien voilà ;o) Au pire si j'avais vraiment été incapable de repartir, quelqu'un serait revenu sur sa route pour me trouver. Et si j'avais été seul j'avais mon duvet dans le petit coffre de la motoneige. J'aurais pu dormir tranquillement malgré le froid et le vent et attendre que quelqu'un passe le jour suivant.
Ecrit par : Legweak | 23/04/2009
J'imagine bien le petit coup de stress avec la moto neige plantée sans visibilité et sans moyen de contacter ses collègues :o(
Ecrit par : Jipes | 24/04/2009
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