06/09/2008

Pourvu qu'il échoue (il a échoué mais...)

Mi-juillet je vous avais parlé de la tentative de Lewis Pugh d'essayer d'atteindre cet été le Pôle Nord en kayak. Son souhait était surtout d'échouer, c'est à dire être bloqué dans son avancée par les glaces, afin d'alerter le monde (surtout politique) sur les prévisions de fonte totale des glaces l'été dans les quelques dizaines d'années à venir.

Eh bien il a échoué. Bonne nouvelle à priori (la banquise arctique est toujours là) mais... il y a un mais !

(© Polar Defense Project)

Stoppé vers 81°N (soit à un peu moins de 1000 km du Pole Géographique) il a pu constater que les nombreux morceaux de banquise étaient très peu épais (glace récente d'environ 1m d'épaisseur datant d'environ 1 an) alors qu'il s'attendait à trouver de la glace plus épaisse et plus ancienne (allant jusqu'à 3m d'épaisseur) comme il en avait déjà vu sous ces latitudes ne serait que jusqu'à l'an dernier. Ce qui laisse penser que des glaces aussi jeunes pourraient très bien disparaitre prochainement bien avant l'été.

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Le nombre important de ces morceaux très mobiles on rendu la progression impossible (pour lui et son compagnon d'expédition Robbie Hegedus, plusieurs fois champion du monde de kayak) dans leurs frèles esquifs.

Autre mauvaise nouvelle, des images satellites récentes montrent que pour la première fois, le passage du Nord-Ouest et de l'Est sont libres de glace. Cette image prouve l'accéleration de la fonte des glaces ces dernières années.

L'incidence est d'autant plus grave, que la glace n'est plus là pour bloquer la lumière du soleil qui réchauffe la mer libre qui fait fondre la glace qui ne bloque plus la lumière etc... etc...

Dire qu'il y a à peine 100 ans pour la première fois, un bateau (le Gjoa de Roald Amundsen) réussissait à franchir ce célèbre passage du Nord-Ouest (de 1903 à 1906) et qui bien avant son succès a vu mourir tant d'hommes...

Et dire qu'aujourd'hui beaucoup commencent à se frotter les mains d'avoir de nouvelles voies de navigation plus "économiques" (donc peu importe les conséquences).

Quant à Lewis Gordon Pugh, il sera invité au Congrès américain le mois prochain pour parler des changements climatiques, fort de ses expériences polaires.

(© Polar Defense Project)

16/07/2008

Pourvu qu'il échoue !

Pas sympa d'espérer qu'un aventurier échoue dans une expédition mais c'est lui même qui le souhaite.

Lewis Gordon Pugh espère échouer car l'enjeu de son pari est différent : il va tenter d'atteindre le Pôle Nord géographique en kayak à la fin de l'été.

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Pourquoi veut-il échouer ? Parce qu'en théorie, c'est impossible à faire. Le Pôle Nord est pris dans une banquise compacte et infranchissable à mesure que l'on progresse. Mais les scientifiques s'accordent à dire que pour la première fois, il serait possible cet été d'atteindre le Pôle Nord en bateau, en se faufilant à travers les plaques de glace, conséquence du réchauffement climatique mondial. Les prévisions parlent d'une fonte totale des glaces l'été d'ici 20 à 30 ans.

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Lewis Pugh est une force de la nature. A 38 ans il est connu pour avoir nagé à plusieurs reprises dans les eaux glaciales de l'arctique avec pour seul équipement... un simple slip de bain.

S'il échoue, ça sera une victoire pour lui. Son objectif est aussi un objectif de communication. Montrer au monde ce qui se passe  : "Ce qui me perturbe, c'est qu'on l'a vu venir. Nos dirigeants le savaient depuis longtemps et ils ont tergiversé sans rien faire. On doit maintenant insister pour qu'ils agissent parce que quand l'Arctique fondra, cela aura des conséquences pour chacun d'entre nous".

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Hélas, mon sentiment personnel est que les enjeux économiques qui découleront de tout ça l'emporteront probablement sur le raisonnable. J'espère me tromper.

Toujours est-il qu'il partira du Svalbard et remontera vers le pôle pour 1200 km en kayak, suivi par un bateau d'assistance, sur une durée de 15 jours.

A suivre...

Edit 06/09/08 : le compte rendu de l'expédition

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Le site de l'aventurier ; Le site de son expédition

(Crédits photos : Londres, Shaun Curry @ AFP ; autres photos, votre serviteur au Svalbard par 81° nord)

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(PS : puisqu'on parle aventure, sachez que Mike Horn est sur le point de lancer sa nouvelle expédition. Il se trouve actuellement au Groenland à Tasiilaq, un coin que je connais bien ;o) j'en reparlerai très prochainement).

28/12/2007

On s'amuse comme on peut

En ce moment, c'est la nuit polaire au Spitzberg.

Ça ne m'empêche pas de regarder de temps en temps les webcams qui s'y trouvent (nostalgie quand tu nous tiens).

Il a beau faire nuit 24h sur 24 jusqu'à mars environ, il y a parfois des choses à voir.

Comme cette photo, prise hier à 13h à la Station Polaire Polonaise dans le Hornsund (où j'avais passé l'une des plus belles journées de mon voyage en aout) :

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Petit détail, hier à cette heure là, il faisait -25.3° !!! On s'amuse comme on peut mais après tout, qui n'a jamais fait de bonhomme de neige dans sa vie ? Rien de tel pour se réchauffer ;o)

16/09/2007

Photo d'ours : le détail qui tue ?

Hier en fin d'après-midi, alors que j'étais en train de faire défiler l'aperçu de quelques photos de mon récent voyage, un truc bizarre a attiré mon attention, sur cet ours polaire :

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Je ne l'avais pas encore remarqué depuis mais voici ce qui j'ai aperçu :

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??? On m'aurait menti ? C'est quoi ça, un ours gonflable ? Machination, remboursez !!!

En fait, il doit s'agir tout simplement d'une bague posée par quelque scientifique lors de leurs études sur les ours polaires.

Je me souviens que cet ours (le tout premier que nous ayons vu) était excédé par notre présence avant de s'assagir au moment de ces photos. C'est l'ours que j'avais mis en vidéo il y a quelques temps :

Et lui dans tout ça ? Il en pense quoi ? ;o)

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12/09/2007

Repartir...

Déjà un mois que le voyage est fini...

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Le temps file trop vite... 

08/09/2007

Journal de bord Spitzberg : jour 12/12 - lundi 13/08/2007

(Jour précédent 11/12)

Escale à Oslo et retour à Paris :

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Réveil à 2h du mat. Il fait moche d'après ce que je vois par le hublot. Tu parles d'un truc, même s'il fait jour 24h sur 24 c'est avec le plus grand mal que je me lève pour prendre mon petit déjeuner. Je vois que ma femme n'a pas dormi ici son lit n'est pas défait. En fait, elle et plusieurs autres ont préféré ne pas se coucher et en ont même profité pour aller boire en ville et s'amuser.

A 3h du mat, après nos adieux aux membres de l'équipage, nous revoici à attendre à l'embarcadère, longtemps dans le froid, comme 11 jours plus tôt. La vie ne semble faite que de cycles manifestement ;o)

Notre car tarde, il ne faudrait pas louper l'avion, il n'y en a qu'un par jour pour Oslo et il décolle à 5h !

A 3h30 le car arrive enfin. Mais nous avons droit à un étrange ballet alors que nous montons à bord : nos valises sont dehors et doivent être chargées dans un camion qui les achemine pour nous à l'aéroport. Le chauffeur descend du car et va chercher le camion garé au parking à coté. A plusieurs, les valises sont rapidement chargées dedans. On s'attend à ce que le chauffeur remonte dans le car pour nous conduire mais non, il disparaît avec le camion plein de valises en direction de l'aéroport. 

Nous attendons... encore... Arrive une voiture, une femme descend, monte dans le car et démarre ! Quelle organisation ;o)

10 minutes après, nous entrons dans le tout petit aéroport de Longyearbyen : il est blindé de monde. Il n'y a que 2 vols, un à 4h30 pour Tromsoe (qui partira après 5h) et le notre. Nous décollerons avec 1h de retard ! Vous imaginez le truc ? 2 avions au départ, pas un seul à l'heure !

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Je pense que j'ai du dormir la plupart du trajet Longyearbyen-Oslo. Alors que nous sommes sur le point d'atterrir ma femme me dit "Tu as vu, il y a des arbres". Eh oui, l'arctique est désormais loin de nous. Nous atterrissons à 8h50.

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Le temps est légèrement couvert sur Oslo mais il fait déjà pas loin de 20°. Une température étouffante pour moi qui n'aime pas la chaleur après 10 jours dans le froid.

Nous avons 10 heures d'escale ! Avec quelques personnes nous décidons de profiter de ce temps pour aller à Oslo. Mais il faudra quand même faire vite, le centre-ville d'Oslo est assez loin de l'aéroport en train d'autant que nous venons de le louper et que le prochain est dans 1h !

En théorie, nous avons le temps de faire un musée ou deux, de manger en ville et de revenir. Dans les faits, avec l'inertie propre à chaque groupe, nous n'aurons le temps de faire qu'un musée et rapidement.

Moi je n'en démords pas, je veux voir le Musée du Fram, le célèbre bateau d'Amundsen. Ça tombe bien juste à côté il y a le Musée Kon-tiki que Dominique le toubib veut absolument voir. Un peu plus loin il y a le musée Viking qui me tente bien mais il faut marcher pour atteindre un bateau qui nous mène à une petite île où se trouve ces musées. Le temps passe vite, rapide calcul, nous n'avons qu'à peine le temps de faire un seul musée. Je vais avec ma femme au Musée du Fram (*).

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Le bateau devant le musée, est le Gjoa, le bateau avec lequel Amundsen réussira le mythique passage du Nord-Ouest.  Il semble ridiculement petit pour un périple qui était aussi dangereux.

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Nous visitons rapidement le musée et le bateau. Trop rapidement hélas, faute de temps. Le Fram est un autre bateau légendaire, c'est avec celui là que Amundsen ira en Antarctique pour tenter d'atteindre le premier le Pôle-Sud (ce qu'il fera en 1912).

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La vie à bord ne devait pas être facile, le confort semblait des plus simples y compris pour le capitaine d'après la taille de sa toute petite cabine, où ce qui a du servir de lit était une sorte de banquette ne mesurant pas plus d'1m50.

Notre "croisière" semble s'être faite à bord d'un luxueux yacht en comparaison.

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Une fois le musée visité nous retournons au centre-ville, reprenons notre train et revenons à l'aéroport.

La "rapide" visite d'Oslo touche à sa fin et l'heure de quitter la Norvège est arrivée

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Nous embarquons à 17h00 dans notre avion et arrivons à Roissy à 19h30. Une fois nos bagages récupérés, nous faisons rapidement nos adieux aux autres passagers, il nous faut maintenant rentrer chez nous.

A 21h00 nous arrivons chez nous à la maison. Après un p'tit café, nous nous mettons à la fenêtre d'où nous regardons, un peu triste, la nuit qui tombe petit à petit...

Notre première nuit "noire" depuis 12 jours...

 

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(*) je reviendrai plus en détail sur ce musée et la passionnante histoire d'Amundsen dans une prochaine note. 

07/09/2007

Journal de bord Spitzberg : jour 11/12 - dimanche 12/08/2007

 
Dernier jour à bord :
 
Réveil 7h30. Température 8° ; couvert puis éclaircies
 
La journée se passe dans l'Isfjord, le grand fjord où se trouve la capitale, signe que le voyage touche à sa fin.
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A 9h15 nous descendons à terre à Alkornet. Il y a 2 choses à voir ici : d'un coté une petite falaise en haut d'un pierrier assez pentu où nichent des macareux moines et de l'autre coté à travers la toundra, des rennes que l'on peut approcher très facilement.
 
Ma femme choisi les macareux, moi les rennes. Je l'ai déjà dit, je ne suis pas très "oiseaux" et je n'ai pas pu approcher beaucoup de rennes pendant ce voyage.

Nous partons avec Gérard. Rapidement nous voyons un, puis deux, puis trois rennes. Et encore d'autres. Nous en avons vu une bonne vingtaine, des jeunes et des vieux d'après la taille de leurs bois. Ceux là n'étaient pas trop effrayés de notre présence contrairement à tous les rennes vu les jours précédent et qui avaient fui quand nous étions trop près pour eux.
 
Ils sont faciles à prendre en photo et à filmer. Nous sommes à moins de 20 mètres au minimum. Ma femme me racontera plus tard qu'elle aussi a pu voir des rennes sur sa rando.
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Nous en profitons jusqu'à 11h30 où nous retournons au bateau.
 
A 12h00 pendant le déjeuner, Gérard nous explique comment va se passer la fin de la journée. Pour ceux qui le souhaite, il est possible de visiter la salle des machines, ce que nous faisons ma femme et moi.
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La salle des machines est bruyante, casque anti-bruit obligatoire, plus de 110 db. La visite dure 30 minutes, notre jeune officier russe nous explique rapidement mais avec beaucoup de détails le fonctionnement du bateau.
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A 15h30, une dernière rando est prévue où le seul intérêt est (encore) de voir des guillemots. Perso, les oiseaux, je sature là ;o) C'est peut-être la dernière possibilité de descendre à terre mais je préfère rester à bord et j'en profite pour ranger tout mon bordel mon matériel photo et mes affaires qui trainent un peu partout dans la cabine. Ce temps supplémentaire n'aura pas été un luxe mine de rien ;o)
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A 18h15 tout le monde revient à bord. A 19h30, on nous offre le champagne au bar et à 20h nous passons à table.
 
Nous ne l'avions pas encore remarqué mais le bateau est à quai à Longyearbyen, notre point de départ, 10 jours plus tôt. Ça fait comme un pincement au coeur.
 
Je l'avais presque oublié mais aujourd'hui c'est mon anniversaire. J'ai droit à un gateau d'anniversaire apporté par Jean le photographe pro et Dominique le toubib déguisés pour l'occasion en femme (en lieu et place de notre serveuse russe attitrée). C'est la fête. On me saute dessus pour m'embrasser. Ça me fait plaisir car je ne m'y attendais pas du tout.
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A 21h30 Gérard nous convie dans la salle de restaurant pour nous faire une petite synthèse du voyage et nous présenter un diaporama de Jean (fait pendant ce voyage) ainsi qu'un diaporama personnel réalisé avec les photos de ses précédents voyages (je rappelle que Gérard arpente le Svalbard depuis plus de 20 ans, plusieurs fois par an).
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Il est prévu que l'on se lève à 2h du matin. Je me couche à 22h30. Ma femme reste à discuter au bar.
 
J'ai du mal à m'endormir surement parce que je pense trop à demain et qu'à la même heure nous serons à Paris... :o(
 
A suivre...
 

06/09/2007

Journal de bord Spitzberg : jour 10/12 - samedi 11/08/2007

(Jour précédent 9/12)

Une journée grise :

Réveil 7h30. Température 5° ; brouillard et crachin/pluie.
 
Au programme du jour, la visite d'un ancien site de traitement des bélugas au Kapp Toscana. Comme tous les sites d'activités humaines datant d'avant 1946, le lieu est protégé : on ne doit rien toucher, bouger ou prélever. Juste regarder.
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Le temps sombre et triste rends le lieu plus grave encore.
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La plage est jonchée d'ossements en tas. On imagine aisément le carnage que ça devait être.
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Il y a également des restes de baleinières, ces embarcations qui permettaient d'approcher et de harponner les cétacés.
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Probablement un triste hasard mais de l'autre coté du cap, sur une autre plage, nous passons devant les restes d'une baleine qui s'est échouée là, il y a plus de 18 mois d'après Gérard. Il n'en reste plus grand chose : de la graisse et sa colonne vertébrale plus loin dans l'eau. Autant dire rien...
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Gérard propose à ceux qui veulent de pousser plus avant la balade et à ceux qui le souhaitent de rentrer au bateau. Pour ma part je rentre au bateau. J'en profite pour mettre à jour mes notes et la carte de notre voyage. Si je ne le fais pas maintenant je risque de ne plus m'en souvenir plus tard et j'ai bien l'intention d'en parler largement sur mon blog ;o))
 
Un peu avant 12h tout le monde est à bord pour le déjeuner.
 
Il est prévu que nous sortions à terre vers 14h00 au fjord de la Recherche. Le brouillard est toujours aussi épais, le temps toujours aussi gris. Nous nous baladons tranquillement le long de la plage, où s'échoue de nombreux icebergs rejetté par le glacier face à nous.
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Certains d'entre nous ont les pieds dans l'eau à se balader parmi les morceaux de glace quand quelqu'un aperçoit un ours qui nage. Il est heureusement loin mais il pourrait avoir envie s'approcher. Nos guides regardent aux jumelles son comportement.
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L'ours ne fait pas mine de venir près de nous, nous pouvons retourner toujours aussi tranquillement aux zodiacs pour retourner au bateau. Il est 15h30.
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Nous ne sommes pas très loin d'une autre curiosité géologique que Gérard voudrait nous montrer. Après 2 heures de navigation,  nous atteignons l'ile Akseloya où Stéphane nous fait un petit cours de géologie appliquée, comme toujours, des plus intéressants. Ces gros morceaux qui ressemblent à du bois sont en fait les restes fossiles, vieux de plusieurs millions d'années, d'animaux marins assez proches des calamars géants. Les couches géologiques dans lesquelles ils étaient enfouis se retrouvent aujourd'hui à découvert et surtout à la verticale "poussées" par d'autres couches.
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Nous nous baladons parmi ces roches, dans ce que Gérard appelle "le Labyrinthe".
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Moi et quelques autres, sommes à la traine (normal quand on fait des photos on prend plus de retard que ceux qui ne font qu'avancer).
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Au détour d'un pan rocheux, Jan, le barman qui est descendu avec nous, me crie "bélugas bélugas", je me tourne vers ceux qui sont encore derrière moi et qui n'ont pas entendu. Nous courrons alors sur les rochers pour les prendre en photo. Le temps de troquer le grand-angle pour le télé-objectif, ils sont déjà loin et les photos ne sont pas terribles mais au moins, nous en avons vu.
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Vers 19h30 nous retournons à bord et passons à table. Aucune activité particulière n'est prévue après le diner. Après avoir fait un petit tour dehors pour respirer le bon air marin, avec un rayon de soleil à l'horizon, le premier de la journée, je vais me coucher.
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Demain aura beau être un autre jour, ce sera surtout notre dernier jour au Spitzberg... :o(
 
A suivre...
 

05/09/2007

Journal de bord Spitzberg : jour 9/12 - vendredi 10/08/2007

(Jour précédent 8/12)

Une journée dans le Hornsund : 

Réveil 7h30. Température 8° ; couvert, vent faible.

Au petit matin, nous nous réveillons dans le Hornsund où il y a suffisamment à voir pour y passer la journée entière. Du hublot de ma cabine je détaille déjà des paysages qui me plaisent. Il y a beaucoup d'icebergs dans l'eau un peu plus en avant d'où le bateau mouille.

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Au programme nous allons nous balader parmi les icebergs (en zodiac) avant une descente à terre pour voir une nouvelle falaise à oiseaux.

Nous nous retrouvons avec le jeune officier russe comme pilote de zodiac. Il est un peu casse-cou mais là, il semble faire la tête. En fait il a été réveillé 10 minutes avant pour nous conduire en zodiac. D'ailleurs, il dort à moitié.

Les 5 zodiacs naviguent parmi les icebergs plus ou moins gros qui dérivent tout autour de nous, nous montrant des formes toutes plus originales les unes que les autres.

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Cette petite montagne au loin attire mon attention, des nuages semblent l'envelopper de plus en plus.

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Nous avançons lentement à travers les icebergs tout en plaisantant. Yvon qui est avec nous (l'homme à la botte de la veille) est en forme ce matin.

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Nous contournons un énorme iceberg. Il est en forme de cirque ouvert. Il n'en faut pas moins à notre pilote pour commencer à rentrer dedans malgré le danger évident. Jean et moi même troquons au plus vite notre télé-objectif pour mettre un grand angle.

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Avec les nuages gris en arrière plan la lumière bleutée de l'iceberg est magnifique. Ça déclenche vite car il ne vaut mieux pas rester longtemps à cet endroit.

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Le zodiac est complètement à l'intérieur. Si l'iceberg se retourne ça sera un carnage. Et de fait, tout à coup devant nous, un morceau de l'iceberg se détache et bascule sur lui même...

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Tout le monde presse notre pilote de zodiac de reculer au plus vite, ça commence à sentir le roussi mais (heureusement) l'iceberg reste en place et nous reprenons notre souffle.

Nous continuons à nous balader et nous repérons un voilier au loin près d'une plage. Il s'agit du Noorderlicht, un vieux gréement qui comme notre bateau propose des circuits à la découverte du Spitzberg et d'autres destinations arctiques. Ça sent le retour à la civilisation. Nous avons aperçu hier un bateau mouillant non loin du notre et aujourd'hui un second. Nous n'avions pas vu âme qui vive depuis plus d'une semaine.

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Je me souviens qu'avant de réserver ce voyage sur notre bateau russe, j'avais hésité pour un voyage sur ce voilier. Mais je ne regrette rien. Nous tournons autour tout en saluant les passagers qui ne doivent pas, tout comme nous, avoir vu beaucoup de monde dans les environs depuis longtemps.

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Nous regagnons ensuite la petite plage pour nous balader en prenant la direction de cette petite montagne maintenant complètement recouverte par cet énorme nuage immobile.

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A terre, je préfère rester avec certains passagers près d'un petit névé où jouent plusieurs renards arctiques. Les autres vont à la falaise.

D'ici nous avons une belle vue sur le Hornsundtind, cette montagne qui a donné au Spitzberg son nom : "les montagnes pointues".

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Il est déjà temps de regagner le bateau pour déjeuner. Pendant le déjeuner nous gagnons le Grand Glacier, toujours dans le Hornsund.

Sur le chemin du glacier nous croisons un ours en train de nager mais ce dernier ne demande pas son reste face au bateau.

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Là encore en longeant le glacier nous cherchons à voir les chutes de glace, ce qui arrive assez souvent, comme avec ces énormes grottes de l'animation qui suit :

En avançant nous repérons un phoque barbu qui se repose sur la glace. Le bateau avance tout doucement jusqu'à l'approcher au plus près. Le phoque nous regarde puis fini par plonger.

Il est 15h45. Gérard propose une sortie à terre pour une rando au pied de la montagne de Pâques. 3 groupes se forment, 2 partent pour atteindre une crête et voir ce qu'il y a derrière, l'autre part en direction d'un glacier. Nous arrivons sur la crête mais il n'y a rien d'extraordinaire à voir. Nous repartons en direction du groupe près du glacier, suivi de près par le 3ème groupe. Nous sommes sur un mollisol humide, noir et épais qui "dégueulasse" les chaussures. Va falloir frotter dur au retour sur le bateau ;o) Nous avançons péniblement car nous avons tendance à nous enfoncer facilement sur ce type de terrain.

Une fois au glacier nous nous reposons quelques minutes et profitons du paysage.

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Il est temps de regagner la plage puis le bateau. Le 3ème groupe nous emboîte le pas.

A 18h30 le bateau prends la direction de la Baie de Burger et nous mène vers le glacier tout au fond. Je profite au maximum pour faire des photos d'autant que les nuages et un timide soleil apportent leur touche à l'ambiance générale. Je sens que c'est probablement l'un des derniers glaciers que nous approcherons, encore 2 jours et nous rentrerons à Paris :o(

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Il est 20h00, l'annonce du dîner est faite alors que le bateau a déjà entamé son demi-tour et s'apprete à quitter Burgerbukta. Des gouttes tombent. Je retourne à ma cabine pour poser mon appareil je jette un (dernier) oeil par le hublot quand je vois une belle photo à faire. Je reprends mon appareil et sort rapidement sur le pont arrière... mais je suis en tee-shirt (il fait chaud à l'intérieur du bateau). Je voulais prendre une photo, j'en fais plusieurs dizaines alors que tout le monde doit déjà être en train de passer à table. Pas grave... même si là je commence à avoir très froid. Je continue de prendre des photos et je ne regrette pas.

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Frigorifié, j'arrive à 20h20 au dîner. Il n'y a rien de spécial de prévu après. Nous naviguons pour rejoindre le site du lendemain. C'est quartier libre comme on dit !

J'en profite pour me coucher plus tôt que d'habitude, vers 22h00 après avoir fait un dernier tour dehors.

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Un brouillard de plus en plus épais enveloppe la vue sur la côte à notre droite, il y a du mauvais temps à l'horizon, la température est de 5°. Ma femme et quelques autres se font un apéro "nocturne" dans la chambre d'Yvon, non sans avoir au préalable dévalisé les cacahuètes du bar ;o)

A suivre...

(Jour suivant 10/12)

04/09/2007

Journal de bord Spitzberg : jour 8/12 - jeudi 09/08/2007

(Jour précédent : 7/12)

La chasse du renard arctique : 

Réveil 7h30. Température 8° ; beau temps.

Nous voici arrivé près de la baie de Disko sur l'île la plus au Sud-Est du Svalbard. Après le p'tit dèj nous nous préparons pour une rando à terre. A 1 km face à la plage nous allons suivre un petit canyon dont les falaises pullulent de mouettes.

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Comme toutes les falaises à oiseaux, ça crie et ça pue.

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Et qui dit falaises à oiseaux, dit... renards. Jusqu'à ce jour je n'en n'avais pas encore vu contrairement à d'autres passagers. Il faut dire que ce jour là, nous avons été gâté avec ce renard arctique en pleine chasse :

(ndr : vidéo déjà diffusée précédemment)

Nous en avons bien profité, avant de rejoindre la plage. En attendant les zodiacs nous nous attardons près d'une cabane de trappeur.

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Pendant le déjeuner, le bateau remonte un peu au Nord pour atteindre le promontoire de Dolérite, une autre falaise à oiseaux, où nous devrions voir des guillemots à miroir.

Nous sortons en zodiac vers 14h30. Bizarrement, une fois à terre pas la moindre trace d'oiseaux ??? Le calme plat. Gérard part avec un groupe en rando à travers la toundra. Stéphane et Gaëtan prennent chacun un autre groupe mais comme nous partons dans la même direction nous faisons finalement route commune au lieu de nous séparer.

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Nous en sommes quitte pour une simple rando mais nous allons grimper en haut de la falaise en guise de menu. Il est convenu que nous soyons repris sur une autre plage, plus tard dans l'après-midi. Nous montons par un petit col fait de "marches" naturelles de pierres après avoir essayé d'approcher un renne qui traînait non loin.

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Chemin faisant nous faisons de drôles de rencontres. Yvon, l'un des passagers (toujours le premier à rigoler) me dit qu'il a trouvé une botte. Il faut dire que le terrain est fait d'un mollisol épais par endroit. il ne serait pas étonnant qu'un précédent visiteur y ait perdu une botte. Il insiste pour que j'aille voir. Et quand j'arrive à la fameuse botte...

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Je soupçonne Yvon d'être responsable ;o)

Nous continuons en haut de la falaise jusqu'à une petite cascade après laquelle le sol est en pente douce et nous ramène plus prêt du niveau de la mer.

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Nous traversons ensuite une vaste zone de mollisol très humide (où je manque de rester coincé). Nous approchons d'une plage. Tout le long de la plage à coté d'une cabane de trappeur se trouvent des ossements de bélugas répandus un peu partout. Il y a eu une grosse activité de pêche à la baleine et (surtout) aux bélugas jusqu'à la première moitié du XXème siècle et nous en découvrons par-ci par-là les tristes vestiges. 

Au détour de la cabane, nous tombons sur un petit groupe de morses. Stéphane est là, nous avons maintenant un nouveau réflexe : qui dit "Stéphane" et "morses" dit "ours". Tout le monde en rigole mais restons sur nos gardes, on ne sait jamais ;o)

Certains s'approchent des morses pendant qu'un autre groupe préfère pousser de l'autre coté de la plage, vers une petite montagne où se trouve un renne.

En attendant les zodiacs, nous nous plaçons à bonne distance pour les observer. Nous sommes face au vent, ce qui nous donne le privilège d'humer la "bonne" odeur des morses... C'est, comment dire ? Ça fouette !

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Nous retournons ensuite au bateau. Après une bonne douche, il reste un peu de temps avant le diner. Fatigué, je fini par m'endormir sur mon lit. Il faut dire que depuis notre départ nous n'avons pas arrêté et le rythme imposé par Gérard est soutenu.

Le dîner me tire de mes rêveries. Vers 21h30, faute d'activité à voir/faire, une mini conférence est de nouveau organisée au bar par Stéphane. Elle nous mènera à 23h15, heure à laquelle je vais me coucher. Nous devons naviguer toute la nuit pour rejoindre la sud-ouest de l'île du Spitzberg, dans le Hornsund.

A suivre...

(Jour suivant : 9/12

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